SARA MILLEREY DEVRAIT TOUJOURS ÊTRE EN VIE
MAUVAISES VIES ?
Du ruisseau
Sara Millerey, femme trans colombienne, devrait toujours être en vie, mais elle est morte le 6 avril dernier à l’âge de 32 ans. Sauvagement, en pleine journée. Cette vidéo incarnée par Yasmine Eadala ne devrait pas exister. Elle est pudiquement dédiée à la mémoire de Sara Millerey.
Sara Millerey, femme trans colombienne, devrait toujours être en vie, mais elle est morte le 6 avril dernier à l’âge de 32 ans. Sauvagement, en pleine journée. Un groupe d’hommes l’a torturée avant de la jeter dans un ruisseau avec les bras et les jambes fracturés et le poumon performé. Sara s’est débattue pendant près d’une heure, accrochée à une branche pour éviter que le courant ne l’emporte. Elle appelait à l’aide, criant sa douleur. Personne n’a bougé. Aucune assistance, aucun respect. Des passants ont pourtant filmé la scène et posté la vidéo sur les réseaux sociaux : elle montre Sara qui tente de survivre. Inhumain. Atroce. Le lendemain à l’hôpital, Sara meurt de ses blessures.
« On l’a assassinée violemment parce qu’elle était ce qu’elle était, extravertie et trans », dénonce sa mère. « Je demande aujourd’hui justice », ajoute-t-elle. À l’heure où je termine cet hommage incarné par l’artiste Yasmin Eadala, aucun suspect n’a été arrêté. Aucune mise en examen. Nous sommes le 26 avril.
Des rassemblements de soutien LGBTQI+ se sont multipliés pour dénoncer ce qu’on nomme alors « un transféminicide ». « C’est-à-dire que manifestement Sara aurait été tuée parce qu’elle était une femme transgenre », précise RFI avant d’ajouter : « Il faut savoir qu’en Colombie, l’espérance de vie d’une femme transgenre est, en moyenne, de 30 ans. Et d’après le ministère de l’égalité, depuis janvier, une femme transgenre est tuée tous les trois jours ». Dans ce pays, déplore Marie Boëton sur France Inter, l’un premiers pourtant à reconnaître aux personnes trans le droit de changer de genre sur leurs cartes d’identité, « une partie de la population – pétrie de réflexes archaïques – éprouve encore une haine viscérale à l’égard de ceux qui demandent, simplement, à vivre leur propre identité ».
Le chemin pour changer de genre est long et lourd. Les personnes qui transitionnent n’ont pour but que de (re)naitre. Elles ne devraient jamais en mourir.
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