Fenster zum Klo – Schwules Museum, Berlin

17 novembre 2017 – 19 février 2018

« La Grande Thérèse, un travesti, attendait le client dans les tasses. Elle apportait un pliant, s’asseyait et faisait son tricot, son crochet qu’elle interrompait parfois pour manger son sandwich. Elle était chez elle…»
(Jean Genet – Le journal du voleur – 1949).
DER SPIEGEL | LIRE ENRICO IPPOLITO
HUNGER | LIRE FIONA MAHON
FRANCE CULTURE | ÉCOUTER FRANCOIS ANGELIER
PORNCEPTUAL | ENTRETIEN AVEC RAQUEL FEDATO
SIEGESSÄULE | ENTRETIEN AVEC JAN NOLL
J’ai toujours été fasciné par les interstices ; les fissures dans les murs, la peinture qui s’écaille, les odeurs qui enivrent. Autant d’imaginaires en marge, de passages secrets, où les fantasmes vagabondent, libres ! Loin des pouvoirs établis, loin de toute norme. En matière d’histoire(s) autour des pissotières, une vision pessimiste me semble avoir le monopole du souvenir. Je ne souhaite pas embellir la réalité, je ne prétends pas imposer une image positive, rejetant toute autre interprétation. Les témoignages que j’ai recueillis, ma propre expérience aussi, m’ont donné envie de livrer un éclairage complémentaire sur le sujet.
Mes premiers émois, mes plaisirs d’adolescent, je ne les ai tout de même pas rêvés. Je les dois bien à l’urinoir public sur la grande place d’une petite ville de province. Et je les assume. Je les assume même comme étant pour moi des actes fondateurs. Ces lieux de passage ont orienté ma sexualité, nourri mes pulsions et satisfait ma curiosité. Ils m’ont permis de faire des rencontres aussi improbables qu’inattendues. Ils ont aussi inspiré mon parcours photographique. Alors certes, les pissotières ça n’était pas le paradis ; mais ce n’était pas la misère non plus. Les lieux sont la mémoire, et bien plus, les lieux survivent à la mémoire. Je me suis donc lancé à la recherche des tasses perdues… Avec des documents remontant jusqu’au XIXème siècle, avec des peintures, des dessins, des photographies d’amateurs ou signées de grands noms, avec des citations d’auteurs, des extraits de films, avec des témoignages récents ou provenant des archives de la police, j’ai bâti ce triple projet : un livre, une exposition et un film en hommage à la pissotière et à ses activités détournées. Entre Paris et Berlin, autour de reliques d’anciennes toilettes publiques, trôneront donc mes propres et contemporaines photographies.

MARC MARTIN – FENSTER ZUM KLO
SCHWULES MUSEUM, BERLIN

17 novembre 2017 – 19 février 2018

Heiner Schulze Projektmentor
Heiko Pollmeier Projektassistenz
Joël Hladynink Projektkoordinator in Paris
Volker Woltersdorff Projektkoordinator in Berlin
Ewald Erik Kentgens Ausstellungsgestaltung